topblog Ivoire blogs

06/03/2012

OU SE TROUVE MON INTÉRÊT?

Dans le Taxi intercommunal qui me conduit au Cires où l’Administration de l’Université de Cocody a été relocalisée, j’ai deux voisines. Deux dames, bien mises qui m’ont l’air d’aller assister à des noces. Le trafic, ralenti par les bouchons, je prête une oreille d’abord distraite puis intéressée à leur conversation. Le sujet en est le courage et le respect des jeunes. Je la partage avec vous !
Une première cousine de la voisine la plus proche de moi a vécu chez elle pendant un moment, et le moins que l’on puisse en dire, c’est que la fée n’a pas su enchanter la maîtresse du logis. Cette dernière l’a trouvée paresseuse et irrespectueuse. Si bien que c’est avec ravissement qu’elle apprit son départ par les soins d’une lettre jetée distraitement sur la table à manger. « je te parie que c’est un garçon qui lui a mis ces choses là en tête ;les filles là, quand elles commencent, elles se disent que c’est nouveau et qu’elles seules en ont eu la révélation de Dieu » ajoute voisine N°2
Une autre ayant perdu père et mère échoua à son tour auprès de la tante généreuse et compatissante. A elle, point de reproches, attitude exemplaire, humilité proche de la servilité, respect s’apparentant à la crainte. Elle réussit avec brio son baccalauréat.
Attendant l’aide qui ne venait pas, la vertueuse nièce se fait servante ou bonne selon la sensibilité ; c’est ce métier composite qui, sous nos tropiques correspond à la fois à fille de ménage, cuisinière et nounou. Jugeant ensuite ses économies conséquentes, elle se paye une formation en secrétariat et comptabilité. Elle en sort, deux brèves années plus tard, auréolée du titre de technicien supérieur dans ladite filière de formation .Bref, la jeune dame vivait encore auprès de la tante, et n’avait point changé en matière de respect et de sagesse. Elle vivait aussi toujours à son crochet par manque d’emploi.
La toute gentille tante jurait n’être aucunement gênée par la présence de la jeune et orpheline nièce dont elle louait le sens du respect et la politesse : histoire fort singulière mais (presque) banale.
Je suppose que la vertu de la seconde nièce ne peut qu’être louée et l’attitude de la première blâmée. Un certain bon sens universel rend le jugement facile… et évident !
Mais j’ose m’interroger sur les motivations de chacun des personnages de cette malheureuse affaire.
La tante préserve son « sweet home », elle ne veut être dérangée dans ces habitudes ni supporter de nouvelles charges sans contrepartie. Du coup, exit la nièce numéro 1 dont on ne tire aucun profit qu’on applaudit l’évènement et on adresse juste un grand merci à la providence
La nièce N°1 tient à préserver sa liberté de paresser et d’agir, et court de toutes ses forces pour échapper à une quelconque autorité.
La nièce N°2 protège jalousement « sa chance » d’avoir un toit et met tout en œuvre pour se le préserver, mais accepte aussi la servitude d’un métier peu honorable pour voir ses ambitions réalisées.
Pourquoi ?
Ben, parce que dans ce monde si vieux et si riche de son évolution multiséculaire, dans cette humanité jalouse et fière de ses connaissances et de sa science, chaque individu ne vit que pour défendre ses intérêts. Et cela demeure vrai malgré le temps qui s’écoule. Qu’on nous trouve vertueux ou mauvais ?
Tout dépend des moyens dont on choisit d’user !

12:08 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (2)